Moonaya, médaillée d'argent aux Jeux de la Francophonie 2017 : « C'est la fête de la diversité »
Moonaya, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Moonaya, artiste rappeuse sénégalaise, auteure, compositrice et interprète. Lors des VIIIes Jeux de la Francophonie qui se sont déroulés à Abidjan en 2017, j'ai représenté le Sénégal dans la discipline Chanson et remporté la médaille d'argent pour mon pays.
Que représentent les Jeux de la Francophonie pour vous ?
Les Jeux de la Francophonie représentent une opportunité unique pour les jeunes de se constituer un réseau et de se rencontrer. Cet événement crée des connexions entre les artistes qui pratiquent les mêmes disciplines, ce qui est fondamental pour le développement d'une carrière artistique.
C'est également l'occasion de présenter son art sur une scène internationale. Avec plusieurs pays réunis et une forte présence de professionnels du secteur, l'exposition est considérable. Si je devais décrire les Jeux en une phrase, ce serait : la fête de la diversité.
Comment avez-vous découvert les Jeux de la Francophonie ?
J'ai découvert les Jeux grâce aux lauréats de l'édition précédente. Jean Roosevelt Jean, médaillé d'or haïtien de la discipline Chanson aux VIIes Jeux, était de passage à Dakar. Un ami me l'a présenté et il m'a vivement encouragée à m'inscrire, soulignant l'importance de cette exposition et des opportunités de réseautage.
Après une tentative d'inscription en ligne infructueuse, j'ai vu une annonce sur Facebook concernant les inscriptions auprès du siège de la Francophonie. J'ai réussi à m'inscrire juste avant la date limite.
Quel a été le processus de sélection pour représenter le Sénégal ?
Représenter le Sénégal constituait un immense honneur et un privilège. Le processus de sélection à Dakar s'est déroulé en plusieurs étapes : d'abord la sélection sur dossier, puis des auditions devant un jury national, et enfin devant un jury international. Une fois qualifiée pour les Jeux, j'ai affronté une vingtaine de pays en compétition.
Comment s'est déroulée la compétition à Abidjan ?
Au départ, j'abordais cette expérience avec l'objectif de participer, car c'était mon premier concours musical. L'ambiance était excellente, marquée par un esprit fair-play et une grande bienveillance entre les participants.
Cependant, une fois la compétition lancée, l'envie de remporter la médaille s'est imposée. Sur scène, le désir de gagner devient naturel et évident.
Quelles opportunités professionnelles ont découlé de votre participation ?
J'ai été repérée pendant la compétition par José Da Silva, qui était alors président de Sony Music Afrique de l'Ouest et Sony Music Côte d'Ivoire. Ils m'ont fait une offre pendant les Jeux. Après mon retour à Dakar, j'ai accepté et signé un contrat avec Sony Music Côte d'Ivoire pour plusieurs années.
L'Organisation internationale de la Francophonie m'a également accompagnée à différentes étapes de ma carrière : participation à des marchés de la musique, financement de répétitions avec mon groupe de musiciens, et organisation de concerts, notamment à l'Institut français de Dakar.
Où en êtes-vous aujourd'hui dans votre carrière ?
Je suis revenue au statut d'artiste indépendante et je travaille actuellement sur mes projets musicaux. Entre-temps, je suis devenue maman, ce qui explique ma discrétion médiatique récente. Je prépare de nouveaux projets, mais je préfère garder la surprise.
Quel message portez-vous dans votre musique ?
Je défends un discours militant dans ma musique, ce qui ne m'a pas empêchée de participer aux Jeux, car un message positif peut voyager partout. Il ne faut pas s'autocensurer. Mon message a été bien accueilli car il n'est ni discriminant ni clivant. Au contraire, il éveille les consciences, rassemble et appelle à l'unité.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes artistes francophones qui souhaitent participer aux prochains Jeux ?
J'encourage tous les jeunes à s'inscrire sans hésiter, quelle que soit leur discipline : chanson, peinture, marionnette, sculpture, photographie... Toutes les disciplines culturelles sont représentées aux Jeux, ainsi que les disciplines sportives.
C'est une exposition exceptionnelle, un véritable challenge qui ouvre des opportunités et permet de développer son réseau professionnel. Aux jeunes artistes francophones qui souhaitent participer aux Jeux de la Francophonie, je dis : vous n'avez rien à perdre. Participez, visez la victoire, mais surtout, profitez pleinement de cette expérience unique.
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Présélections culturelles nationales [2]

